Vendredi 28 août 2009
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18:58
Retour sur le rapport des Inspecteurs Généraux de l'Éducation Nationale déjà cité dans ce précédent article. Je passe
volontairement sur la cuisine interne Éducation Nationale qui fait l'essentiel du texte pour parler ce qui nous concerne plus directement.
Ils parlent des résultats des élèves : « La plupart des interlocuteurs rencontrés, actant comme établi le retard de l’Yonne par rapport aux
trois autres départements de l’académie... ».
Et d'en chercher des raisons. Parmi toutes celles évoquées, ceci, assez cohérent avec cet
article sur la pauvreté : « [...] d’autres [secteurs] apparaissent nettement en position critique en raison des
difficultés économiques et d’un environnement social précaire. Il s’agit, au nord du département, considéré comme appartenant à la « grande banlieue parisienne », des secteurs de Migennes,
Brienon, St Florentin, et en partie de Joigny mais aussi de certains quartiers d’Auxerre. Ces secteurs connaissent un taux de population défavorisée important. Ce sont également les secteurs dans
lesquels une augmentation des incivilités et de la violence se fait jour. »
Rappelons -je n'oublie jamais de le faire- que la mairie de Joigny a refusé en son temps le classement ZEP. Y siégeaient alors, au sein de la majorité, les principaux prétendants de droite aux
élections qui viennent. Ce classement aurait permis aux établissements scolaires de bénéficier de moyens adaptés, mais évidemment, ça risquait de faire tache dans le pedigree d'une ville d'art et
d'histoire. Et puis, Saint-Jacques n'en avait pas besoin, je le montrerai dans un prochain article.
Les édiles de la droite du département ayant l'air de s'intéresser aux élections de Joigny,
d'en faire un maillon important de leur action pour une cohérence avec le département et l'état, attardons-nous sur quelques points qui peuvent les concerner : « Globalement,
les résultats, en termes d’activité économique, sont moyens dans le département mais la ruralité, dans son ensemble, ne paraît pas en être la cause. De fait, il ne semble pas qu’il y ait de
synergie entre les forces économiques et, in fine, le département attire peu car il souffre d’un déficit d’image, ce qui se ressent clairement en termes de recrutement de cadres intermédiaires ou
de techniciens supérieurs. » Et oui, le libéralisme ne s'auto-régule pas si bien que ça !
L'attractivité du département n'est pas plus forte pour les enseignants selon le site de leur principal syndicat, puisque quasiment 10 %
cherchent à le quitter tous les ans, ces 10 % se trouvant principalement chez les jeunes. Qu'en est-il des autres corps de métier ? Si des lecteurs ont des informations, je suis
preneur.
On ne peut apparemment guère compter sur eux (la droite) non plus pour aider les enfants dans le besoin : « Les entretiens avec
[l'inspection académique] et avec le DDASS confirment l’existence, dans le département de l’Yonne, d’une population importante d’enfants confrontés à
des conditions de vie difficiles et exposés à des risques évidents. Ils ont également corroboré l’hypothèse selon laquelle leur prise en charge ne fait pas l’objet d’une réflexion et d’un
pilotage concertés suffisants. [...]. Ils ont révélé un manque évident de collaboration entre les partenaires en charge de ces questions -
Éducation nationale, DDASS et Conseil général - et ils ont clairement témoigné d’une gestion ponctuelle des problèmes, sans projet ni politique forte, et surtout non inscrite dans une démarche de
prévention. »
Il est vrai que ce document porte sur l'année 2004. Mais qui va croire qu'en cinq ans, les choses ont changé ? Chacun jugera si ces remarques, dont les intéressés ont forcément eu
connaissance, ont infléchi la politique menée. Pour ma part, je ne le crois pas. La droite mène une politique globale de classe. Les efforts (parfois réels) qu'elle fait dans le secteur social ou
dans l'éducation ne permettent que de rendre un tout petit peu moins insupportable l'inadmissible provoqué par tout le reste de cette politique. La leur et celle de leurs complices parisiens.
Au département comme à la mairie, il faut rompre avec cela. Il faut des gens neufs. Pour ce qui est de la mairie, ceux qu'on avait élus en 2007 ont montré qu'ils avaient la carrure, la compétence
et la volonté.
Mais le chantier est immense et nécessitera des projets politiques forts dans tous ces domaines. On ne peut plus se contenter de replâtrages par-ci par-là.