Les retraites

En gros, on peut parler de deux systèmes principaux :

par répartition, le « modèle français »

L'ensemble des travailleurs verse une cotisation retraite qui est immédiatement utilisée par payer les pensions des anciens. Les actifs doivent donc produire assez de richesses pour...

  • vivre

  • faire vivre les retraités

  • faire vivre la génération future, que ce soit au sein du cercle familial ou à travers l'impôt, en dépenses d'éducation.

On le voit, ce système repose sur un principe de solidarité. Au passage, on peut considérer que l'actif paye la retraite de celui qui a payé son éducation.

Forcément, les évolutions démographiques ont une influence ; plus de retraités (papy-boom), plus de retraites à verser. Plus de bébés (baby-boom), plus de dépenses d'éducation, mais promesse de plus d'actifs dans le futur.

Mais les évolutions économiques et politiques ont aussi leur poids. Plus de chômage entraîne plus d'indemnités chômage à verser et moins de cotisations retraite versées. Les exonérations de cotisations affaiblissent également les caisses de retraite.

Enfin, depuis 30 ans, la part de richesse produite qui revient aux travailleurs ne cesse de diminuer, au profit de la spéculation et des actionnaires (60% aujourd'hui contre 70% au début des années 80).

Trop facile alors d'isoler la question des retraites du reste et de dire qu'il suffit de diminuer le nombre de retraités (travailler plus longtemps) ou d'augmenter les cotisations.



Par capitalisation

Ce système ne repose pas sur la solidarité, mais sur l'individualisme, le mérite et toutes ces valeurs égoïstes qui plaisent tant à la droite. Ceux qui ont beaucoup épargnent et peuvent partir tôt avec un bon revenu. Et les pauvres sont bons pour trimer jusqu'à la mort, et c'est bien fait pour eux, ils n'avaient qu'à pas être pauvres ! Un peu ce que semblait souhaiter Martin Gale, ce qui me surprend quand même de sa part.

Un système de capitalisation pure, ce serait le « bas de laine ». L'actif met de l'argent de côté pour ses vieux jours. Mais il y a de fortes chances pour qu'arrivé à ces fameux vieux jours, ce qu'il a mis de côté ait perdu beaucoup de valeur, sans compter ce que la banque lui aura pris pour garder son argent.

 

 

 

 

 

 

 

 

La solution alors, c'est de faire travailler cet argent, en créant les fameux fonds de pension. Ces sociétés centralisent les versements des travailleurs et spéculent avec de façon à le faire fructifier. Comme les gérants des fonds de pension ne sont pas des bénévoles philanthropes, au passage, ils s'en mettent plein les poches.

Ce qui est reversé au travailleur, c'est fonction des résultats de la spéculation. On se souvient que nombre d'épargnants américains ont tout perdu à ce petit jeu qui ne garantit pas une retraite décente.

De plus, ces fonds, en spéculant, sont amplement responsables de la diminution de la part de richesse reversée aux travailleurs dont je parlais plus haut. La pression qu'ils mettent sur l'économie pousse aux délocalisations, à la mécanisation, à l'appauvrissement général des travailleurs.



Pourquoi, en France, le système par répartition ?

Petit rappel, le fameux « modèle français » a été créé devant la faillite du système par capitalisation qui existait auparavant.

La retraite, elle-même, n'a pas été accordée aux vieux en remerciements pour services rendus, mais parce que, parvenu à un certain âge, ils coûtaient moins chers chez eux que dans l'entreprise.



Financer les retraites à 37,5 ans pour tous, une utopie ?

Une autre façon de voir les choses pour lutter contre la pensée unique :

Chaque année, depuis le début du XXe siècle, la richesse nationale augmente d’environ 2%, du fait de l’évolution des techniques et de la productivité des salariés. En 40 ans, la richesse nationale va donc encore doubler . Nul "expert" ne le conteste. Dans le long terme et dans une société au travail aussi qualifié que la nôtre, on peut habiller Pierre tout en habillant Paul !

Même en maintenant le pourcentage affecté aux profits (option 1), l’augmentation de la richesse peut permettre de dégager l’argent nécessaire pour les retraites (on passe de 12 à 36,5). Évidemment, on peut aussi imaginer qu’on limite l’augmentation des profits pour permettre à la fois l’augmentation des salaires et le financement des retraites (option 2).

Une autre façon de lire ce graphique :

- actuellement, si 10 actifs pour 4 retraités produisent 100 Euros cela fait 7 Euros par personne (100 : 14)

- dans quarante ans, 10 actifs (pour 8 retraités) produiront 200 Euros, soit 11 Euros par personne (200 : 18)



On peut aussi se dire que, puisque des machines prennent la place des salariés (ainsi que le souhaitait M. Auberger à STYPEN), on pourrait taxer les machines pour qu'elles prennent en charge le coût du chômage qu'elles génèrent. Dans l'état actuel des choses, c'est tout bénéfice pour le profit des actionnaires.



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